Combiner sélénium et CoQ10 contre les maladies cardiaques

Nous savons depuis longtemps maintenant que la CoQ10 est un nutriment extrêmement bénéfique pour la santé cardiovasculaire. Et le sélénium est un oligo-élément qui protège les cellules ainsi que leurs sub-structures fragiles contre le stress oxydatif. Peuvent-ils agir conjointement afin de fournir davantage de puissants bienfaits à votre cœur ?

D’après de nombreuses études suédoises, il semblerait que la combinaison du sélénium et de la CoQ10 est très efficace pour diminuer le risque de décès dû à une cause cardiovasculaire, telle qu’une crise cardiaque, un AVC ou de l’insuffisance cardiaque. Ce duo est également très efficace pour l’amélioration de la qualité de vie ainsi que pour fournir des bienfaits cardiovasculaires, et ce, même des années après que la supplémentation ait été interrompue, selon certaines études.  

Ces conclusions ne sont pas surprenantes sachant que la CoQ10 ainsi que le sélénium agissent comme d’incroyables antioxydants, qui limitent l’étendue des dommages oxydatifs, impliqués dans l’insuffisance cardiaque, la cardiopathie ischémique ainsi que d’autres problèmes de nature cardiaque. En fait, les dommages oxydatifs et l’inflammation qui en résulte ont été désignés comme étant parmi les principaux facteurs contribuant au développement de plusieurs graves maladies dégénératives.

Mais en plus de faire des miracles pour votre santé cardiaque, la combinaison de la CoQ10 et du sélénium est nécessaire, en ce que l’un permet l’activation et la production de l’autre. Explorons ce sujet.

Le sélénium et la CoQ10 réduisent le risque de décès dûs aux maladies cardiovasculaires

Les Noix du Brésil sont riches en sélénium !

Une étude suédoise, qui a été menée en double aveugle et contrôlée par placebo, a découvert que les suppléments de CoQ10 et de sélénium, lorsque administrés conjointement, peuvent considérablement réduire le risque de décès dûs à des causes cardiovasculaires de plus de 50%. L’étude comptait 443 personnes en bonne santé âgés de 70 à 88 ans. Les participants ont soit reçu un placebo, soit une combinaison quotidienne de 200 mg de CoQ10 ainsi que de 200 mg de sélénium.

5 ans plus tard, il a été établi que 12,6% des participants du groupe placebo sont décédés des suites de maladies cardiaques, par rapport à seulement 5,9% des participants à qui l’on a administré du sélénium et de la CoQ10. Cela représente une diminution considérable, de plus de 50%, de la mortalité cardiovasculaire. [1]

De plus, les chercheurs ont découvert que ces deux nutriments fournissent d’autres bienfaits également. Par exemple, le groupe qui a reçu les suppléments q obtenu un meilleur score quant à leurs fonctions cardiaques, tel que démontré par un échocardiogramme. Ils avaient également un taux réduit de NT-proBNP (« N-terminal pro-brain natriuretic protein »). La NT-proBNP est une prohormone et lorsque son taux est élevé, cela est indicateur d’insuffisance cardiaque ainsi que d’autres problèmes cardiaques. Le taux de NT-proBNP est surtout élevé chez les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, par rapport aux individus dont le cœur est en bonne santé.

Pour résumer, l’étude a établi que la supplémentation à la fois en CoQ10 et en sélénium pourrait :

  • Réduire significativement le taux de décès causés par une maladie cardiaque
  • Améliorer les fonctions cardiaques
  • Réduire le risque d’insuffisance cardiaque ainsi que d’autres maladies cardiaques

Des études de suivi ont démontré davantage de bienfaits pour le cœur

Le même groupe de chercheurs a mené plusieurs sous-études afin de démontrer les bienfaits de la CoQ10 et du sélénium sur la santé cardiaque, tels que :

  • Meilleure qualité de vie
  • Diminution du nombre de jours d’hospitalisation
  • Protection contre les maladies cardiaques même des années après l’arrêt de la prise des suppléments

En fait, l’une des découvertes les plus étonnantes est le fait que la protection fournie par la supplémentation a persisté après l’arrêt de la prise des suppléments. Cet effet est effectivement remarquable et en dit long sur les bienfaits à long terme du sélénium et de la CoQ10 pour votre cœur.  

Une récente étude de suivi a pu conclure que les participants d’âge avancé qui ont pris les suppléments pendant quatre ans ont également vu leur risque de décès dû à un problème cardiovasculaire diminuer de plus de 40%, et ce, même après 12 ans. Le risque de décès dû à un problème cardiovasculaire s’est également avéré considérablement réduit chez les personnes souffrant de haute tension, de cardiopathie ischémique, de mauvaises fonctions cardiaques ou de diabète. Bien que cette analyse, qui s’est échelonnée sur 12 ans, n’a pu mettre en lumière le mécanisme exact à l’origine de cet effet à long terme, on considère que ces deux suppléments antioxydants influencent plusieurs paramètres liés à la santé cardiaque, principalement les fonctions cardiaques, les dommages oxydatifs, la fibrose et l’inflammation. [2]

L’étude en a conclu que « même après douze ans, on a observé une diminution marquée du risque de mortalité cardiovasculaire dans ce groupe, ainsi qu’au sein des sous-groupes de patients atteints de diabète, d’hypertension, de cardiopathie ischémique ou de facultés fonctionnelles altérées. Ces résultats confirment, par conséquent, les résultats obtenus dans le cadre de l’évaluation d’une durée de 10 ans. L’action protectrice ne s’est pas limitée à la période d’intervention, mais a persisté lors de la période de suivi. »

Ces conclusions ont également été établies par une étude menée en 2015, qui a également confirmé que les bienfaits cardiovasculaires fournis par ces deux nutriments ne se limitent pas à la période de 4 ans, lors de laquelle les suppléments ont été administrés. [3]

Essentiellement, le sélénium et la CoQ10 offrent conjointement des bienfaits pour le cœur qui durent des années après l’arrêt de la prise de la supplémentation.

Comment la CoQ10 et le sélénium agissent-ils ensemble ?

La CoQ10 et le sélénium sont bien connus pour leurs bienfaits pour la santé cardiaque et vasculaire.

Premièrement, tous deux sont d’importants antioxydants qui protègent les cellules ainsi que les structures biologiques fragiles contre les dommages causés par les radicaux libres. Ils agissent de concert de manière à réduire les dommages et le stress oxydatifs, qui jouent un rôle clé dans le vieillissement prématuré et dans le développement de plusieurs maladies chroniques liées à l’âge, dont les maladies cardiovasculaires.

Deuxièmement, vous avez besoin d’un taux sain de CoQ10 pour la production et le bon fonctionnement d’enzymes contenant du sélénium. Et il en va de même pour le sélénium, qui aide à recycler la CoQ10 en sa forme active. Il semble que le sélénium et la CoQ10 agissent ensemble de manière synergétique, et c’est pourquoi cette combinaison de nutriments est si efficace pour fournir autant de bienfaits pour la santé cardiaque.

Le sélénium convertit la forme oxydée de la CoQ10 (ubiquinone) en sa forme réduite (ubiquinol). Votre corps a à la fois besoin de l’ubiquinone et de l’ubiquinol, et il peut facilement convertir une forme en l’autre, au besoin. Par exemple, l’ubiquinone est nécessaire à la synthèse d’ATP. Et l’ubiquinol agit comme antioxydant, en protégeant les structures cellulaires, dont les lipides, contre le stress oxydatif. Les personnes dont le taux de sélénium est faible sont à risque de souffrir d’une carence en CoQ10 active, ou ubiquinol, dans leurs cellules. Cela se manifeste sous la forme d’une faible défense antioxydante et d’un accroissement des dommages oxydatifs.

De plus, vous avez besoin d’une certaine quantité de CoQ10 pour produire des enzymes contenant de la sélénocystéine, qui comprend bien des propriétés antioxydantes.

Bienfaits de la CoQ10 pour votre cœur

Le meilleur CoQ10 est liposomal !!!

Il a déjà été établi que la CoQ10 est l’un des composés nécessaires au maintien de la santé cardiaque les plus bénéfiques qui soient. La CoQ10 est bien connue pour ses propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires, ainsi que pour son rôle dans la production d’énergie dans les mitochondries. La CoQ10 rend également le corps plus performant du point de vue énergétique, en améliorant le nombre de mitochondries dans les cellules.

Le rôle de la CoQ10 dans la production d’énergie est crucial pour la santé cardiaque. Votre cœur contient un plus haut taux de CoQ10 que n’importe quel autre tissu, en raison de son besoin énergétique élevé. Un faible taux de CoQ10 signifie moins d’énergie pour le bon fonctionnement du cœur, donnant ainsi lieu à de l’insuffisance cardiaque et aux symptômes qui y sont liés, qui peuvent nécessiter une hospitalisation urgente. Une production énergétique réduite dans le muscle cardiaque n’est pas le seul facteur associé à l’insuffisance cardiaque. Des fonctions mitochondriales altérées, un accroissement des dommages oxydatifs et de mauvaises fonctions endothéliales sont tous associés à l’insuffisance cardiaque congestive. Or on sait que la CoQ10 améliore tous ces paramètres.  

La CoQ10 est un éliminateur de radicaux libres et prévient l’oxydation des protéines et des lipides. Elle est exceptionnellement douée pour inhiber l’oxydation du taux de protéines de basse densité (LDL). Il est connu que l’oxydation du LDL joue un rôle clé dans le développement de l’athérosclérose, soit l’épaississement et le rétrécissement des artères à cause du dépôt de plaque.

La CoQ10 minimise également les dommages oxydatifs faits aux mitochondries, qui sont fragiles, ce qui se produit inévitablement lors du processus de production d’énergie. Le processus de métabolisation de l’énergie est à l’origine de la génération d’une traînée de radicaux libres dérivés, qui causent des dommages dans les mitochondries ainsi que dans d’autres structures cellulaires, dont les lipides, les protéines et l’ADN. Les radicaux libres sont également produits lors des réactions immunitaires ainsi qu’en raison d’autres facteurs externes tels que le stress chronique, les infections persistantes, le tabagisme, et l’exposition aux rayons UV, aux pesticides, aux métaux lourds et à d’autres toxines présentes dans l’environnement. La CoQ10 minimise ces dommages oxydatifs, qui, autrement, feraient vieillir les cellules prématurément et causeraient des réponses inflammatoires et immunitaires inutiles, donnant lieu à des dysfonctions organiques ainsi qu’à des maladies chroniques.

Cette diminution des dommages oxydatifs dans les mitochondries aide ces centrales électriques cellulaires à brûler de l’énergie (graisses, glucides et protéines provenant de notre alimentation) de manière bien plus propre et plus efficace, ce qui diminue la production de radicaux libres lors du processus. Cela a pour résultat une diminution des dommages oxydatifs dans les structures cellulaires.

Cet effet sur les mitochondries, combiné à la capacité de la CoQ10 à générer de nouvelles mitochondries, génère de l’énergie propre, dont nos cellules et tissus ont besoin pour fonctionner à leur meilleur niveau. Ces bienfaits sont particulièrement importants pour notre cœur, sachant que celui-ci nécessite une très grande quantité d’énergie pour fonctionner.

Résumons rapidement de quelle manière la CoQ10 protège la santé de votre cœur :

  • Diminue les symptômes de l’insuffisance cardiaque et diminue le risque d’hospitalisation soudaine et de transplantation cardiaque [4]
  • Améliore la qualité de vie des patients souffrant d’insuffisance cardiaque
  • Améliore les fonctions endothéliales [5] [6]
  • Améliore la santé vasculaire et diminue la haute tension artérielle
  • Peut protéger contre les crises cardiaques
  • Améliore la capacité à faire de l’exercice physique chez les gens souffrant d’angine cardiaque, en plus d’en améliorer les symptômes
  • Recycle d’autres antioxydants tels que les vitamines E et C, rechargeant ainsi le système antioxydant interne du corps
  • Minimise les effets secondaires cardiaques dûs aux statines

Le problème avec la CoQ10 est que son taux diminue avec l’âge. La production endogène (naturelle) de la coenzyme diminue dès l’âge de 20 ans, et ce, jusqu’à 80 ans, la production de Coq10 dans le muscle cardiaque diminue de près de 50% en comparaison.

De plus, le nombre de mitochondries diminue également avec l’âge. C’est la raison pour laquelle les personnes âgées doivent prendre des suppléments de CoQ10, soit afin de soutenir la production d’énergie et le fonctionnement cardiaque. Les personnes âgées ont un risque accru d’athérosclérose (accumulation de plaque dans les artères pouvant provoquer une crise cardiaque, un AVC et d’autres problèmes) en raison de l’augmentation du stress oxydatif et de l’inflammation qui en résulte.

D’ailleurs, les médicaments à base de statines diminuent également le taux de CoQ10 dans le corps. Les statines abaissent le taux de cholestérol en inhibant une enzyme, la HMG-CoA réductase. Cette enzyme contribue à la synthèse du cholestérol dans le foie par une voie appelée voie du mévalonate. Ironiquement, cette enzyme est également responsable de la réalisation d’autres réactions métaboliques qui fabriquent également la CoQ10 ainsi que d’autres molécules importantes comme les sélénoprotéines (enzymes contenant du sélénium), la vitamine D, la bile, la vitamine K, les hormones du stress et les dolichols.

Les statines sont très efficaces pour réduire les taux de cholestérol, mais il n’est pas certain que cet effet se traduise par une réduction du risque de maladie cardiaque. De nombreux experts estiment que les statines ne réduisent pas le risque de maladie cardiaque. Bien que ces médicaments hypocholestérolémiants puissent contribuer à réduire le risque de maladies cardiaques chez les hommes d’âge moyen ayant des antécédents de crise cardiaque ou ayant subi une angioplastie par endoprothèse, les avantages des statines peuvent être exagérés en prévention primaire, comme par exemple chez les gens sans antécédents de maladie cardiaque ou de risque de maladie cardiaque tel que le diabète.

Au contraire, les statines interfèrent avec la production de nombreuses molécules importantes pour la santé. Cela entraîne de nombreux effets secondaires, notamment un risque accru de maladies cardiovasculaires, de douleurs musculaires, de fatigue, de pertes de mémoire, de diabète, de cataractes, de dépression, de troubles des fonctions cognitives, d’infections et de mauvaise santé sexuelle. Ces risques doivent être soigneusement pris en compte, en particulier lorsque la tendance est à la prescription de statines, et ce, même à des personnes en bonne santé, simplement pour prévenir les risques de crise cardiaque et d’AVC.

Les personnes âgées, en particulier celles qui prennent des statines et celles qui présentent un risque accru de maladie cardiovasculaire, devraient envisager de prendre des suppléments de CoQ10, en consultation avec leur professionnel de la santé. La CoQ10 est également reconnue pour atténuer certains des risques induits par les statines, en particulier ceux liés à la santé cardiaque et musculaire.

Le sélénium pour la santé cardiaque  

Le sélénium est un oligo-élément dont chaque cellule de votre corps a besoin pour fonctionner correctement. Plus important encore, il est utilisé pour produire des enzymes appelées sélénoprotéines, qui protègent les cellules contre les dommages oxydatifs et le vieillissement prématuré.

Le sélénium a des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. De plus, le sélénium améliore la production et l’activation de la CoQ10 par le corps. Vous avez également besoin de sélénium pour fabriquer et recycler le glutathion, le principal antioxydant produit naturellement par le corps. Ainsi, le sélénium améliore également la capacité de votre corps à lutter contre le stress oxydatif et à limiter les dommages causés par les radicaux libres.

Il est bien connu que la carence en sélénium « entraîne de nouveaux problèmes de santé, en particulier en ce qui concerne les maladies cardiovasculaires aiguës, ce qui se caractérise par une exposition du patient à du stress myocardial I/R et à davantage de stress oxydatif. » [7]

Cette analyse a également indiqué qu’il existe un grand nombre de preuves montrant que les sélénoprotéines participent à d’importantes fonctions dans le système cardiovasculaire, principalement en raison de leurs propriétés antioxydantes.

Le sélénium est naturellement présent dans les aliments tels que les noix du Brésil, le bœuf (nourri à l’herbe), le poulet, les œufs, le foie de bœuf, le thon et les épinards. Cependant, la quantité de sélénium présente dans nos aliments dépend du taux de sélénium dans le sol où les aliments sont cultivés et de la santé de nos mers et de nos océans. Les pratiques agricoles modernes et l’utilisation accrue de pesticides ont épuisé la richesse minérale de notre sol, notamment le magnésium et le sélénium. C’est pourquoi la prise de suppléments peut être nécessaire pour les personnes présentant une carence.

Références :

  1. Alehagen et al. Cardiovascular mortality and N-terminal-proBNP reduced after combined selenium and coenzyme Q10 supplementation: a 5-year prospective randomized double-blind placebo-controlled trial among elderly Swedish citizens. Int J Cardiol. 2013
  2. Alehagen et al. Still reduced cardiovascular mortality 12 years after supplementation with selenium and coenzyme Q10 for four years: A validation of previous 10-year follow-up results of a prospective randomized double-blind placebo-controlled trial in elderly. PLoS One. 2018
  3. Alehagen et al. Reduced Cardiovascular Mortality 10 Years after Supplementation with Selenium and Coenzyme Q10 for Four Years: Follow-Up Results of a Prospective Randomized Double-Blind Placebo-Controlled Trial in Elderly Citizens. PLoS ONE. 2015
  4. Mortensen SA et al. The effect of coenzyme Q10 on morbidity and mortality in chronic heart failure: results from Q-SYMBIO: a randomized double-blind trial. JACC Heart Fail. 2014
  5. Littarru et al.  Coenzyme Q(10), endothelial function, and cardiovascular disease. Biofactors. 2011
  6. Dai et al. Reversal of mitochondrial dysfunction by coenzyme Q10 supplement improves endothelial function in patients with ischaemic left ventricular systolic dysfunction: a randomized controlled trial. Atherosclerosis. 2011

Benstoem et al. Selenium and Its Supplementation in Cardiovascular Disease—What do We Know? Nutrients. 2015